Synopsis

A quadragénaire, photographe, libertaire, tombe amoureux d’une femme, Z., une femme errante qui porte une burqa délavée, signe d’un laissez-aller personnel. Elle parle très peu en public. A. s’est senti troublé par le sentiment qu’il lui porta. Il ne s’est jamais senti capable d’un tel élan envers une femme voilée (complètement, encore moins). En face, elle est gênée par cette attention qu’elle ne croyait jamais mériter. Outre le fait de devoir confronter leurs questionnements existentiels et embarras mutuels, les deux, objet de spectacle, sont au centre de tous les commentaires et commérages.
Dans une scène kaléidoscopique où l’histoire des deux amoureux est le pivot central, on découvre tour à tour, K et H, la sœur et le frère, adultes tiraillés, qui se chamaillent au sujet de la propriété de la maison paternelle ; Y, l’héritière et W, l’ex-prostituée, deux expatriées fortunées à Dubaï, voilées, en discussion sur le shopping et la solitude ; puis M et N, couple rangé, conformiste, en discussion sur les vacances et le zapping.

Au fur et à mesure que la scène tourne, chaque couple de personnages fait du surplace dans son dialogue anodin de tous les jours et croit faire des pas de géant en commentant l’histoire des deux amoureux incongrus. Chemin faisant, A et Z avancent dans leur jeu d’embarras et de séduction, jusqu’à se révéler mutuellement la part invisible de leurs êtres, celle qu’ils ne voulaient jamais s’avouer : lui avait très peu d’amour pour sa mère, exhibitionniste, peu affectueuse, et elle n’a jamais pu oublier l’oncle faussement doucereux qui la violait.